Donner à voir
Après une première rencontre parisienne où Gheorghe I. Anghel était l’artiste invité de l’ambassade de Roumanie en France, notre curiosité nous a poussés en plein cœur de Bucarest pour la visite de son atelier.
C’est ainsi que nous avons pu approcher son œuvre, sa vie…l’homme.
Il est difficile de présenter un artiste sans savoir d’où il vient, quelles sont ses racines, dans quel contexte il vit, quels chemins il emprunte en se rendant à l’atelier ?
Si notre première rencontre fut impressionnante - les tableaux alors offerts au regard déclinaient la magnifique série des « lettres à Semira ».
La deuxième fut initiatique. Elle nous conduisit aux confins de la peinture, la poésie et la musique, au rythme des séries, « En visite chez les courtisanes », « Le retour d’Ulysse» et de « Ma nuit », en référence à l’œuvre du poète égyptien Constantin Kavafy.
Anghel nous dévoila, à notre surprise, une suite de sculptures « pièges pour mes muses » ; lorsque les moyens habituels semblent ne plus suffire à l’artiste peintre, il vagabonde alors vers de nouveaux horizons.
Pour Gheorghe I. Anghel, une image capture une émotion, restitue un état d’âme. C’est à cet exercice qu’il s’est aujourd’hui livré dans ces magnifiques séries où il nous révèle ce qu’il a vu ou aperçu. Il nous suggère une voie, pour y trouver quelque chose à aimer, et peut-être s’y sentir aimé.
Il nous fait ressentir sa soif de découvrir, son besoin viscéral de vivre dans et au travers de l’art, de dire, de s’exprimer, d’être par l’acte, de donner à voir.
Isabelle Mézières
"Extrait de la monographie GHEORGHE I.ANGHEL"